mercredi 13 mars 2013

Un coup monté

          Il y a de cela très longtemps, Florette était seule depuis de longues années et en souffrait énormément !  Elle se torturait les méninges pour savoir comment elle viendrait à rencontrer celui qui deviendrait son mari.
          Un jour, elle eut l’idée d’aller danser à Charleroi, on lui avait renseigné un endroit où se retrouvaient dans ce but des gens libres comme elle.  Un samedi soir, elle prit son courage à deux mains et emprunta le train pour s’y rendre.  Elle portait son  nouvel imperméable doré : elle l’aimait beaucoup, cette acquisition récente !
          Elle se présenta dans ce petit dancing où on lui demanda sa carte d’identité, ce qu’elle trouva bizarre.  Elle s’installa seule à une petite table et attendit une improbable danse.  Elle eut bien quelques cavaliers sur la soirée, mais aucun qui ne retint son attention.
          Un d’eux lui dit : « On sait bien que lorsqu’on est divorcés, il y a des endroits où l’on n’est pas le bienvenu. »  Cette idée lui répugnait car elle ne voyait pas en quoi le fait de posséder cet état-civil était déshonorant et à stigmatiser.  Elle entendait bien pouvoir aller où elle voulait sans soulever de sous-entendus.
          Vers deux heures du matin, comprenant qu’elle perdait son temps, elle se dirigea vers la sortie.  Deux chauffeurs de personnalités connues l’abordèrent pour lui parler.  Elle répondit brièvement non loin de l’entrée, serrant son gilet contre elle, car elle se sentait particulièrement frileuse.  Elle se dirigea vers le vestiaire où, semble-t-il son vêtement de pluie avait plu à quelqu’un, car il ne s’y trouvait plus !
          Elle se dirigea vers la tenancière qui lui demanda de ne pas déposer plainte, car elle craignait les ennuis.  Florette, n’aimant pas précisément les uniformes, finit par lui promettre de n’en rien faire, mais si elle avait pu prévoir ce qu’il en adviendrait, elle n’aurait rien promis et aurait dominé sa répugnance pour se plaindre en bonne et due forme.  Car l’imperméable fut retrouvé, elle le sut plus tard, dans une maison de prostitution !  La voleuse était-elle prostituée ou s’agissait-il d’un coup monté ?  La suite des événements la fit opter pour la deuxième solution.  Jamais elle ne retourna à cet endroit !
          Ce ne fut d’ailleurs pas le seul coup monté, mais c’est une autre histoire !

Le 13 mars 2013
© Ghislaine Renard

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